Le regard de François sur l'homme et la création: Notre regard sur le monde

Soyons des êtres de lumière !

En ce temps de Noël, les paroles de Nelson Mandela prennent toute leur saveur, leur sens : « C’est notre lumière, pas notre ombre qui nous effraie le plus ». Elles sont plus que jamais prophétiques, d’actualité. La peur avec son cortège de mesures sécuritaires gagne nombre de nos contemporains, de nos autorités : la Fête des Lumières à Lyon est supprimée, Bruxelles a été pendant quelques jours une ville morte… Face à la barbarie sanglante sévissant en plein jour comme en pleine nuit, nous déployons toute notre énergie à nous protéger. Loin de moi de vouloir être arrogante, je suis la première à être gagnée, à certains moments, par cette paralysie de l’être. 

Le pasteur Carlos Capó, dans son commentaire biblique, inaugurant ce numéro, prend le relais de la pensée de Mandela : «Sommes-nous des chrétiens qui sortons de nuit comme Nicodème de peur d’être démasqués ou sortons-nous en plein jour ? » En méditant l’évangile de Jean, « La Lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré l’obscurité », Carlos nous invite à être des hommes et des femmes de lumière.

L'homme, son identité révélée en Jésus, le Christ

A hauteur d’homme

Dans ce numéro, il nous est donné une nouvelle fois de méditer le ressort, la racine même de la fécondité évangélique de François et Claire d’Assise. Tous deux, à la suite de saint Paul, reconnaissent en Jésus le Christ : « Celui qui m’a aimé s’est livré pour moi ». Cet embrassement de la Présence même au cœur de l’épreuve de l’absence nous libère de nous-mêmes. Comme l’affirme Jean Vanier : « Etre libre, c’est placé la justice, la vérité, le service au-delà de nous-mêmes ». Notre métier d’homme, à travers tous les coloris de nos activités se dessine à l’orée de cet horizon. 

Le pape, dans son discours lors de la veillée de prière en préparation du synode des évêques, a souligné avec force un des traits de l’identité chrétienne, cher à la spiritualité franciscaine : « Une Eglise d’enfants qui se reconnaissent ''frères'' n’arrive jamais à considérer quelqu’un uniquement comme un poids, un problème, un coût, une préoccupation ou un risque : l’autre est essentiellement un don ».

La création, son axe

Edito: Notre participation au jaillissement du monde

Lorsque les fraternités du Mouvement franciscain laïc ont choisi leur nouveau programme d’année : « Le regard de François sur l’homme et la création », elles n’avaient pas connaissance, de la nouvelle encyclique « Laudato si » publiée en ces jours de juin. 

Quelle belle coïncidence ! Le pape François cite dès le début de son texte saint François d’Assise pour évoquer la nécessité d’une écologie intégrale : « Je crois que François est l’exemple par excellence de la protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale, vécue avec joie et authenticité (…) en lui sont inséparables la préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres, l’engagement et la paix intérieure ». 

La création tout entière chez le Poverello est d’abord l’expression même de la Trinité créatrice, pur Don. Elle bruit de la présence amoureuse de Celui qui se donne tout entier par amour à sa créature. Ainsi, sainte Claire, comme François, proclame la création comme le lieu même de la relation et non d’une quelconque fabrication. Chez le psalmiste, les éléments notamment le soleil ne sont pas divinisés, ils ont le statut de simples créatures mais chez François, ces dernières sont appelées frères et sœurs. Elles louent, manifestent et communiquent Dieu.

Le thème d'année :  Le regard de saint François sur l’homme et la création

1. La création, son axe
• Septembre : Les cieux racontent la gloire de Dieu, Ps 19
• Octobre : Louez et bénissez, mon Seigneur, Cantique de frère Soleil, Ecrits, pages 173-174

 

2. L’homme, son identité révélée en Jésus, le Christ
• Novembre : Je vis dans la foi au Fils de Dieu, Ga 2, 11-21
• Décembre : Illumine les ténèbres de mon cœur, Prière devant le crucifix de saint Damien, Ecrits, page 387

 

3. Notre rapport au monde
• Janvier : La Lumière est venue dans le monde, Jn 3, 1-21
• Février : L’amitié des frères : servir humblement et avec joie, Les brigands de Montecasale, CA, pages 1394-1396

 

4. Aimer l’autre
• Mars : Aimer sans espérer en retour, Lc 6, 27-35
• Avril : Sois toujours miséricordieux, Lettre à un ministre, Lmin 1-12, page 378

 

5. En mission dans le monde
• Mai : J’ai vu le Seigneur et voici ce qu’il m’a dit, Jn 20, 11-18
• Juin : Les frères confessent qu’ils sont chrétiens, 1, Reg 16, 5-9, pages 208-210

 

 

L’appel du Royaume

                                        Cherchez sa justice 

« Voici que Dieu circule comme un lièvre dans les taillis », écrit le poète Maurice Chappaz.

L’Equipe Message vous propose ni plus ni moins de laisser Dieu circuler comme un lièvre dans les taillis de l’exhortation apostolique : « La Joie de l’Evangile ». Vous donnerez ainsi de l’oxygène au sang de l’Eglise… Le pape nous invite à respirer à pleins poumons l’air tonifiant de l’Evangile qui peut balayer nos peurs, nos replis, nos résignations, nos mesquineries, notre acédie. 

L’Argentin débusque dans ce texte nos alibis, nous convie au large, à sortir de nos tanières,  les mains nues, non masqués, pour inaugurer le Royaume de justice. Risquons la Bonne Nouvelle : « Le courage ne consiste pas seulement à des actions d’éclat, héroïques, mais tout d’abord à ne pas succomber à l’humble corruption de la médiocrité, à ne pas consentir au renoncement, à la vie », ainsi parlait le cinéaste Pasolini. 

Le pape nous appelle à nous convertir sans cesse, à transpirer la bonté, à suinter la justice. Plus nous nous jetons dans la liberté divine créatrice, plus nous perdons nos écailles de réussite personnelle, nos velléités d’efficacité. Nous devenons ainsi légers bondissant comme les biches de nos forêts. 

Chers frères et sœurs, pourquoi ne pas redécouvrir en ce temps estival notre Projet de Vie si proche des propos de notre pasteur ? 

Méditons dans une clairière avec autour de soi une tremblante muraille de branches d’où tombe la charmante fraîcheur des feuilles, cette célèbre parole de Rimbaud : « La vraie vie est absente ». Bel été !

Brigitte

 

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